Le site Natura 2000 du Col d'Ornon abrite 13 habitats d'intérêt communautaire différents, dont 3 sont prioriatires pour leur conservation !
Les boisements
Dans les zones soumises à des crues régulières s'installent des forêts d'essences à croissance rapide et à bois tendre telle que l'aulnaie blanche. Il s'agit d'une forêt riveraine de cours d'eau et de torrents composée d'aulnes blancs (le seul à pouvoir s'adapter dans des conditions d'humidité et de dynamique très prononcées) et présentant un sous-bois pouvant être varié selon l'humidité du sol.
Lorsqu'une modification du cours d'eau apparaît (absence de nouvelles crues), le milieu évolue. Petit-à-petit, l'Aulne blanc va s'accompagner du Saule blanc, puis au fur-et-à-mesure de sa maturation, va être remplacé par d'autres essences telles que l'Epicéa, le Frêne ou l'Erable sycomore. Ces différents types de forêts (aulnaies, saulaies, frênaies) qui se côtoient servent de corridors biologiques au déplacement et au refuge de nombreux animaux.
La hêtraie-sapinière est la forêt la plus répandue à l'étage montagnard (de 900 à 1800 mètres d'altitude) : les pentes de moyenne altitude, au climat frais et humide, leur conviennent parfaitement. Le Hêtre est hégémonique, c'est-à-dire qu'il règne en maître sur la forêt et domine toute autre espèce d'arbre voulant s'y installer. Toutes, sauf le Sapin, qui pousse lentement mais sûrement, et qui en vient à dépasser la cime des Hêtres pour s'installer durablement dans la hêtraie. Ces forêts hébergent le Sabot de Vénus, la plus spectaculaire des orchidées sauvages de France !
Lorsque ces forêts vieillissent, la biodiversité s'y révèle extraordinaire ! Souches, arbres morts sur pied ou à terre, troncs ou branches éparsent au sol... fournissent un support de vie pour de nombreux oiseaux, mammifères et insectes. Entre 20 et 40 % de la biodiversité forestière dépend, à un moment de sa vie, des vieux arbres et du bois mort.
Les prairies
Les prairies sont sources d'une étonnante biodiversité ! Qu'elles soient pâturées ou fauchées, la diversité des plantes qui y sont présentes praticipe directement à la qualité de l'alimentation des troupeaux en apportant chacune un élément essentiel dans l'alimentation des animaux. Elles sont également un élément incontournable de nos paysages de montagne, participant pleinement, grâce aux panel de couleurs éclatantes qu'elles présentent, à la beauté des ces derniers.
Ces prairies très fleuries sont le fruit des pratiques pastorales ancestrales mises en place sur le site.
Les pelouses
Les pelouses sèches, situées dans les pentes des montagne, forment des tapis de végétation relativement ras et peu colonisés par les arbustes et les arbres. Elles sont constituées d'herbes multiples et foisonnent de fleurs qui attirent de nombreux insectes pollinisateurs. Beaucoup de petits mammifères et d'oiseaux affectionnent également tout particulièrement ce milieu très riche. Véritables réservoirs de biodiversité, les pelouses sèches sont aujourd'hui menacées (notamment par l'abandon du pastoralisme sur ces espaces).
Facilement confondus avec de simples friches, ces milieux abritent une riche variété faunistique et floristique (zones refuge et de nourrissage de nombreuses espèces) et possèdent un rôle paysager et culturel important. En effet, leur existence est intimement liée à l'activité pastorale qui leur permet de rester ouverts et ainsi d'être préservés.
Les éboulis
Les éboulis sont formés par l'écroulement des falaises ou l'accumulation des pierres qui se détachent de celles-ci sous l'action répétée des alternances de gel et dégel. C'est un millieu très instable !
Les conditions de vie sont extrêmes et difficiles : pauvreté voire absence totale de sol, absence d'eau, luminosité intense, chaleur, vent...
Des plantes se sont pourtant adaptées à ces milieux inhospitaliers et y poussent de façon discontinue. Leur morphologie est adaptée aux conditions contraignantes du milieu : port prostré ou en coussinet dans les fissures, stolons dans les éboulis...
Les milieux humides et aquatiques
Les torrents se caractérisent par des écoulements abondants et tumultueux, ce qui en fait des cours d'eau pas comme les autres. Leurs débits est irrégulier et peut être très fort à la fonte des neiges ou pendant les épisodes de fortes précipitations. En raison des turbulences qui s'y produisent, l'eau y est fortement oxygénée. Les plantes et animaux qui y vivent se sont adaptés pour résister aux forts courants et aux basses températures de l'eau.
La grande tufière d'Ornon, ou cascade pétrifiante, est une rareté en Oisans ! Cette sculpture naturelle surprenante, où se mêlent étroitement végétation, pierre et eau, doit son existence à une résurgence située en amont, qui forme ensuite une cascade sur une zone végétalisée. L'eau, après son passage sous terre, est fortement chargée en calcaire. Sous l'effet d'algues et de mousses, ce calcaire se solidifie en surface, au contact de l'atmosphère. Les mousses repoussent sur cette pierre nouvellement formée et le cycle recommence, ce qui provoque ces reliefs en cascade.






